PHOBIE(S)

LES PHOBIES

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Étymologie : du grec ancien « phobos » = effroi, peur.

C’est la projection phobique d’un danger imminent virtuel. La phobie se nourrit de la peur d’avoir peur…

Les phobies font parties des « troubles anxieux » classés comme problèmes psychopathologiques, arrivant, dans l’échelle de gravité, juste après les addictions.

Définitions 

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Ref Magazine Psychologie : c’est la peur irraisonnée d’un danger inexistant. Sont atteintes de phobie les personnes, enfants ou adultes qui, dans une situation donnée, ou en présence d’un élément spécifique, ne présentant pas de danger immédiat, sont saisies d’un effroi qu’elles savent déraisonnable mais ne peuvent contrôler. Ces phobies sont légion : peur panique de certains animaux, des armes à feu, des cavernes, de l’avion, etc. Généralement, elles ne gênent que modérément et souvent disparaissent avec le temps. Elles s’avèrent plus perturbantes lorsqu’elles sont décuplées par l’angoisse de rencontrer l’objet de sa peur et le souci de dissimuler celle-ci. Elles déclenchent des stratégies compliquées d’évitement et influent sur la vie sociale comme l’agoraphobie, peur des lieux publics, ou la claustrophobie , peur des lieux clos.

Dictionnaire Larousse : crainte angoissante et injustifiée d’une situation, d’un objet ou de l’accomplissement d’une action. Aversion très vive pour quelqu’un ou peur instinctive de quelque chose.

Dr Rachel Bocher, psychiatre au CHU de Nantes : maladies névrotiques très répandues, les phobies se manifestent par l’apparition systématique et immédiate d’une peur intense et incontrôlable. Phobies des araignées, des serpents, peur du vide ou encore du regard des autres, ces maladies de la peur se répartissent en deux grandes catégories : les phobies spécifiques et les phobies complexes. Les phobies spécifiques concernent un objet, un élément bien précis ou une situation particulière (peur des chiens, de l’orage, des voyages en avion )…Les secondes sont plus invalidantes au quotidien. Ces peurs « complexes » aliènent significativement la liberté du patient. Elles à la peur du regard et du jugement d’autrui et entraînent souvent un évitement social en limitant les activités de la personne qui en est atteinte (agoraphobie…).

Dictionnaire Doctissimo : crainte angoissante irrépressible, pouvant aller jusqu’à la panique. La phobie est spécifiquement déclenchée par une situation, un objet, un lieu, un animal…qui en soit ne présentent pas de caractère dangereux. En l’absence des éléments déclenchants, la phobie n’apparaît pas, ce qui génère, chez le sujet, des conduites d’évitement ou de réassurance, contrant la phobie et lui permettant d’y faire face.

Peur : le mot est suivi d’un complément d’objet direct « J’ai peur de l’orage.. », « J’ai peur d’un chien… ». La peur a un visage.

Angoisse : sensation glauque et inexplicable sans objet défini précisément. L’angoisse n’a pas de visage. Ni fuite ni attaque possibles (réflexes automatiques) car anonyme.

Généralités

Dans des situations identiques, tout le monde ne développe pas un trouble anxieux. Il semblerait que certaines personnes aient une sensibilité particulière qui se manifeste soit par un déclenchement particulièrement facile de la peur, soit par des réactions particulièrement intenses.

La personne n’a plus aucun recul, plus aucune lucidité. Son champ perceptif se rétrécit, elle a un sentiment d’isolement et de vulnérabilité.

S’installe alors une distorsion de la perception qui conduit à l’interprétation irrationnelle de ce que ses sens lui envoient. Un son anodin devient menaçant, un point noir sur le mur est une araignée, une odeur inhabituelle est une alerte au feu…

On estime que 5 à 25% de la population souffrirait de phobie se traduisant par une absence de maîtrise incontrôlable dans une situation particulière ou en présence d’un élément déclencheur extérieur.

Les personnes qui souffrent de phobie, éprouvent des sensations de forte anxiété dans des circonstances déterminées et très variées : peur du vide, de la foule, des lieux publics (agoraphobie), peur d’être enfermé (claustrophobie), pour les plus fréquentes.

Les signes permettant de constater une phobie

Les symptômes primordiaux sont le déclenchement par des situations ou des objets (vivants ou inertes) d’une sensation de peur sans dangerosité actuelle dont l’intensité varie entre le sentiment d’insécurité à la terreur. Cette peur peut se traduire en l’absence concrète du support de la phobie.

  • Les troubles physiques excessifs se déclenchent à la simple évocation de l’élément phobique (ou de la situation) : rougeur, tremblement, sudation, oppression, jambes molles, accélération du rythme cardiaque provoqués par une forte décharge d’adrénaline.

Ex. peur des piqures. Rien qu’à l’évocation de la situation, la personne peut se replier sur elle avec un mouvement des bras croisés sur la poitrine, peut pleurer, peut pâlir ou traduire physiquement cette peur.

  • L’exposition à la situation déclenche une anxiété immédiate.
  • La peur ressentie est excessive, démesurée et disproportionnée comparée aux éventuels risques encourus car dès que les amygdales détectent l’objet de la phobie, elles envoient des messages d’alerte sans l’analyse intermédiaire des centres nerveux qui sont censés le faire (c’est le cortex préfrontal qui analyse l’objet de notre peur et l’évalue).
  • Les comportements vont être dans la plupart des cas des comportements d’évitement qui permettent ainsi de contourner l’obstacle .

L’hypnose et les phobies

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L’hypnose permet de remplacer la réaction phobique par une réaction plus appropriée,  de traiter et d’éliminer la cause de l’angoisse sous-jacente, de désensibiliser progressivement mais rapidement les situations critiques et de renforcer  le sentiment de sécurité intérieure.

C’est la désensibilisation qui va permettre l’exposition progressive à l’élément support de la phobie et à lui permettre de reprendre sa dimension réelle.

L’hypnose va permettre de ramener le sujet à la réalité en cessant sa projection anxieuse.

L’utilisation d’une ancre de ressource, et parfois la capacité à se relaxer vont aider à la progressivité de cette exposition qui va être la stratégie qui va remplacer l’évitement et qui va permettre d’associer à l’expérience initialement phobique de nouvelles ressources, auditives et visuelles pour réagir autrement.

Les phobies peuvent être traitées beaucoup plus facilement et efficacement par l’hypnose car elle évite de se replonger dans une immersion prolongée dans les épisodes phobiques.

Les différents outils utilisés en séance, permettent à l’ esprit de trouver des réactions plus adaptées face à l’objet de la peur ou de la situation problématique, de changer l’émotion associée au support de la phobie afin qu’elle devienne confortable (peur>indifférence – doute >confiance).

L’hypnose va permettre à la personne d’accepter l’aléatoire.

Un levier de changement consiste également à faire en sorte que le sujet accepte de lâcher la volonté de contrôle, de ne pas gérer les éléments, de ne rien avoir à faire dans un contexte anxiogène. Car la phobie se développe et s’entretient lorsque le patient ne peut accepter l’aléa du contexte (le bateau peut couler, l’ascenseur se bloquer etc…) et qui fait que l’angoisse augmente. C’est très souvent une sensation de légèreté qui accompagne cet instant où « ça a lâché… ».

Axes de travail en hypnose

-Estime de soi : la personne sait que sa peur est disproportionnée et est dans l’incapacité à réagir autrement. C’est ce paradoxe entre autre qui entraine des souffrances et amène le sujet à exprimer des jugements négatifs sur lui : « je suis nul », « je suis ridicule d’avoir peur des piqures à mon âge », « je ne suis même pas capable de traverser ce pont ». Cette mauvaise estime de soi peut conduire à des états dépressifs.

-Mettre fin aux stratégies d’évitement : en investissant leur vie au-delà de leurs limitations habituelles en utilisant leurs ressources et leurs compétences.

Sécuriser le sujet : en le rassurant sur ses capacités physiques automatiques, en lui permettant de retrouver confiance en dissociant la peur de son imagination qui amplifie son inquiétude et son anxiété.

Les différentes phobies

Phobie sociale : d’ordre relationnel,  telle que : la peur de rougir, la peur de prendre la parole en public, l’impossibilité d’écrire sous le regard des autres, d’être mal jugé. La phobie sociale est un mal récurrent qui touche une bonne partie de la population (entre 2 et 7% aux Etats-Unis par exemple). Peur de soi, peur des autres, c’est un mécanisme biologique dont la fonction est de nous protéger contre les situations qui pourraient nous sembler dangereuses.

Plus précisément, la blemmophobie  est la peur du regard des autres et l’éreutophobie est la peur de rougir.

Cependant l’anxiété a un rôle utile dans notre vie : c’est parce que nous pensons à notre propre sécurité que nous évitons de prendre des risques inconsidérés.

De nombreuses phobies correspondent à des situations que l’on rencontre souvent tout au long de sa vie, parfois au quotidien, elles peuvent de ce fait devenir très handicapantes.

Phobie provoquée par un élément extérieur : souris, serpents, oiseaux, insectes, araignées, guêpes, sang, bruit…L’imprévisibilité joue un grand rôle dans ce type de phobie, le sujet ne sait pas d’où le danger va venir et imagine qu’il peut surgir à n’importe quel moment.

Peur des espaces : ouvert (agoraphobe) ou réduit (claustrophobe).

L’agoraphobie :c‘est la peur de quitter son environnement naturel et de se retrouver dans un endroit où il serait difficile ou compliqué de s’extraire. L’agoraphobie (du grec ancien agorá « place publique », « assemblée »et phobos « peur ») est une phobie correspondant à la peur des lieux publics, des espaces ouverts. Cette phobie se manifeste par un sentiment d’insécurité dans les lieux publics ou les vastes espaces et par la peur de ne pas pouvoir s’échapper en cas de problème.

La démophobie :ce ne sont pas les lieux ouverts ou les espaces public qui les oppressent.

L’ochlophobie : qui correspond à la peur de la foule en tant que masse oppressive.

La  claustrophobie : désigne la peur de se retrouver confiné dans un espace fermé. (ascenseur etc…) associée à la peur , parfois de manquer d’air.

Selon une étude récente, entre 5 à 7% de la population serait affectée par ce type de phobie.

L’ascenseur est le lieu le plus fréquemment redouté, avec les transports en commun, et particulièrement le métro. Prendre l’avion, ou le train, peut aussi être source de malaise. Une partie de l’angoisse des claustrophobes est liée à la respiration.

La phobie est une réelle souffrance pour la personne qui en est victime. Elle peut se sentir jugée, dépréciée, incomprise, isolée, ressentir de la culpabilité, de la détresse. En cachant au maximum ses réactions intempestives et excessives, elle peut être tendue, sur le qui vive et organiser ses actions pour que la phobie ne soit pas visible par les autres et pour se protéger de la peur intense qu’elle déclenche en elle.

 

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